Tag: théâtre

#125: Voir et être vu au Old Vic

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The Old Vic is the real thing!

 

Petite présentation du Old Vic sous forme de portrait chinois:

S’il était un journal, ce théâtre serait Télérama.

S’il était un comédien, il serait Fabrice Lucchini.

S’il était une radio, France Culture…

Bref, vous avez saisi le profil.

Le Old Vic est un théâtre imposant, situé au croisement de Waterloo Road et de The Cut, dont la façade en stuc rose pâle ne rend pas justice à la beauté intérieure des lieux.

Ce vieux théâtre est une institution à Londres. Il a une histoire formidable. Bientôt bicentenaire, il a été rendu célèbre par Lylian Baylis qui y a fait jouer Shakespeare aux plus grands comédiens du début du siècle dernier. Partiellement détruit par les bombardements allemands en 1940, il rouvre ses portes en 1950. A partir de 1962, le Old Vic abrite la compagnie du National Theatre, dirigée par Laurence Olivier d’abord, puis par Peter Hall, et ce jusqu’à l’inauguration du nouveau théâtre sur la rive sud de la Tamise, à Southbank (à quelques centaines de mètres du Old Vic) où le National Theatre s’installe en 1976.

Après le scandale lors de sa mise en vente en 1998 lors de laquelle il a été question d’en faire une salle de bingo, un pub ou encore un club de lap dance, le lieu renoue avec la gloire avec l’arrivée fort médiatisée de Kevin Spacey à la direction artistique du théâtre en 2003. Aujourd’hui, American Airlines sponsorire le théâtre et a notamment rénové le lounge du Old Vic, en échange de quoi Kevin Spacey prête son image à la nouvelle campagne publicitaire de la campagnie aérienne dans laquelle il vante le confort de la business class, en faisant d’ailleurs un clin d’oeil au théâtre dont on aperçoit la salle principale. La boucle est bouclée.

Depuis, c’est un florilège de productions toutes plus prestigieuses les unes que les autres qui s’y enchainent! La programmation ne fait que dans la first class ;-) . Beaucoup de Shakespeare of course, et aussi quelques pièces d’auteurs contemporains britanniques ou américains très tendance, tels que Tom Stoppard, John Osborne ou Arthur Miller, mises en scène par Spacey lui-même, Edward Hall (le fils de Peter) ou encore Robert Altman.

Les têtes d’affiche sont dignes d’un tapis rouge. Aux comédiens de théâtre anglais renommés (Ian McKellen, Judy Dench) s’ajoutent quelques grands noms d’acteurs habitués aux grosses productions hollywoodiennes, qui viennent acquérir ici leur anoblissement intellectuel. Jeff Goldblum, Neve Campbell et Richard Dreyfuss notamment s’y sont produits. Dernièrement, on y a vu le réalisateur oscarisé, Sam Mendes, mettre en scène deux pièces de Shakespeare dans lesquels jouaient, entre autres, Ethan Hawke et Rebecca Hall ( la fille de Peter Hall et la soeur d’Edward, la boucle est bouclée là aussi. Le show bus’ est un bien petit monde, isn’t it!).

Les spectacles sont de très grande qualité. Les décors y sont très soignés, les lumières arrangées au millimètre, l’acoustique excellente, et les mises en scène généralement sobres et classieuses. Le lieu lui-même est somptueux. La salle de spectacle est superbe, dorures et velours rouges à tous les étages. Le lounge, estampillé American Airlines donc, est lui moderne et design, dans les tons bleus foncés. L’escalier est échelonné de photos en noir et blanc d’artistes sur les planches qui ont donné au lieu ses lettres de noblesse. Le portrait de Laurence Olivier y côtoie ceux de Peter O’toole et de Richard Burton.

Alors, forcément, tant de références intellectuelles, glam et prestigieuses en un seul lieu appellent un public chic, très chic. Et c’est peut-être hors de la scène que se joue le spectacle le plus divertissant. Des brushings figés montés sur de hauts escarpins pointus se bousculent dans l’entrée, au son des discussions à l’accent du West End et des perles de sautoirs qui s’entrechoquent. Vous y verrez des dizaines de chevalières, de bronzages made in Ibiza et de vestes en tweed au mètre carré.

NB: Cela n’empêche en rien le public très chic de laisser tous ses petits pots de glace vides sur le sol en partant comme au cinéma, laissant à la salle de spectacle un air de champ de bataille.

Alors, les tarifs des billets ne sont pas donnés évidemment : entre £20 et £50  en général, mais ils ne sont pas plus chers que ceux des comédies musicales ni des pièces des autres théâtres londoniens au final. La seule différence, c’est que les pièces se jouent pour une durée limitée et que le prix est donc fixe. Il n’y a pas de revendeur proposant de discount sur les spectables du Old Vic. En tout cas, je n’en ai pas encore trouvé! Mais si vous avez un tuyau, faites-en profiter les lecteurs!

Pour plus de renseignements sur l’histoire du théâtre, sa programmation ou pour réserver des billets, c’est ici.

The Old Vic
The Cut
London SE1 8NB
Box Office +44 (0)844 871 7628

#114: Deviner qui est le meurtrier du Mousetrap

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Le Mousetrap (le piège à souris), sous-titré “the longest running show in the world” (c’est dans le guiness!), entame sa 58ème année de représentations. De quoi faire palir les spectacles qui se vantent d’avoir eu “plus de 1000 représentations”. Mais il ne déchaine pas les foules pour autant. D’après les anglais, c’est un spectacle à touristes. C’est faux! C’est aussi un spectacle à retraités!

Mais ne vous arretez pas à ça. C’est quand meme un show bien sympa. Il vous donne exactement ce que vous en attendez: une ambiance à la Hercule Poirot, un décor de manoir anglais avec tissus à fleurs, boiseries et cheminée et un pitch à la Cluedo. L’histoire: un couple de jeunes mariés ouvrent une maison d’hotes dans leur manoir un soir de tempete de neige et attendent leurs invités. Un meurtre est commis à Londres et, pour des raisons que je ne vous dévoilerai pas, le meurtrier est probablement l’un des résidents (permanents et temporaires) du manoir. Mais ce n’est pas tout: un second meurtre est commis au manoir…

Et voilà! Vous avez toutes les composantes d’un bon polar: un groupe de personnages hétéroclites, au passé obscur mais qui recèle forcément de lourds secrets, bloqué dans un manoir pleins de pièces partout et coupé du monde par la neige et une ligne téléphonique bien évidemment sabotée.

La pièce en elle-meme est un peu longue, ça chouine un chouia trop à mon gout, mais l’intrigue est bien tenue. C’est de l’Agatha Christie après tout! Les acteurs jouent bien, le décor est très soigné, et la mise en scène est d’un grand classicisme. Rien d’original donc, que de la bonne tradition.

Et les traditions sont légion au St Martin’s Theatre. Parmi les plus amusantes, il y a notamment celles d’une horloge sur la cheminée qui résiste aux changements de décor depuis l’origine du spectacle. De meme, un des acteurs fait partie du show depuis sa première représentation! Il s’agit en fait de la voix qui donne les informations à la radio et dont l’enregistrement original est toujours diffusé aujourd’hui.

Allez, une autre anecdote surprenante autour du spectacle rien que pour vous: Agatha Chritie a demandé que la nouvelle qui a inspiré la pièce de théatre ne soit pas publiée tant que la pièce était jouée dans le West End. Et elle n’a toujous pas été publiée au Royaume-Uni à ce jour!

Alors, qui est le meurtrier? Est-ce le Major Metcalf qui était dans le cellier au moment du meurtre? Est-ce la mystérieuse et boudeuse Miss Casewell qui écrivait une lettre dans la bibliothèque? A vous de deviner (je ne vous mets pas la pression, mais moi j’avais trouvé…). Dans tous les cas, à l’issue du spectacle, on vous demandera de conserver le mystère sur l’identité du tueur. Et vous ne voudriez pas mettre fin à une tradition longue de 58 ans, voudriez-vous?

The Mousetrap

St Martin’s Theatre (très beau théatre by the way!)

West Street, Cambridge Circus,

London WC2H 9NZ

https://www.the-mousetrap.co.uk/online/home.asp

PS: Non, ce ne sont pas des fautes d’orthographe mais la touche de l’accent circonflexe qui s’est mis en grève. Ne soyez pas surpris, c’est un clavier français!

#096: Rire en assistant à une représentation de « 39 steps »

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Rares sont les spectacles de théâtre à Londres qui ne sont pas des musicals. Il y en est un particulièrement réussi qu’il faut ab-so-lu-ment aller voir. Il s’agit d’une comédie adaptée du film « 39 steps » d’Alfred Hitchcock (qui lui-même l’avait adapté du livre éponyme de John Buchan).

 

Cette histoire d’espionnage raconte l’aventure d’un homme qui, accusé à tort du meurtre d’une jeune femme, se voit contraint de fuir Londres et d’aller en Ecosse déjouer les plans d’une organisation d’agents secrets pour prouver son innocence.

La pièce dure deux heures avec un entracte mais on ne voit pas le temps passer. Le rythme de la pièce est inouï, les 4 acteurs qui jouent une multitude de personnages tous plus cocasses les uns que les autres réalisent une véritable performance, aussi bien physique qu’artistique. La mise en scène est un bijou d’ingéniosité. Chaque scène rivalise d’originalité et d’humour avec la précédente.

 

Si vous ne maîtrisez pas parfaitement l’anglais, la pièce vaut tout de même le coup. Renseignez-vous sur le détail du scénario du film d’Hitchcock avant d’y aller afin de suivre (le scénario de la pièce est très fidèle à celui du film) et vous vous régalerez rien qu’avec la mise en scène.

Soyez attentifs, il y a plein de clins d’œil à Hitchcock et ses autres films dans la pièce.

 

Enfin, pour vous épargner un moment de solitude: cherchez sur internet ou ailleurs la signification de l’expression « Bob’s your uncle » et vous éviterez la désagréable impression d’être le seul à ne pas saisir la blague quand toute la salle s’esclaffe.

 

Vous pouvez trouver des billets à moitié prix en les achetant le jour même de la représentation dans le kiosque de Leicester Square.

 

The Criterion Theatre (sur la place Piccadilly)

218-223 Piccadilly, Piccadilly Circus, London. W1V 9LB

http://www.criterion-theatre.co.uk/index.html